Passer au contenu principal
A A A

Où souhaitez-vous
partager cette page?

Refermer

Un sondage en ligne est en cours

La Commission réalise un sondage auprès du public à compter du 24 janvier 2023. Cette enquête officielle réalisée par la firme de recherche marketing SOM vise à mesurer la qualité de certains de nos services. Si vous avez utilisé nos services, vous pourriez recevoir un lien électronique pour compléter un sondage en ligne.

8 décembre 2022Lettres et allocutions

Protéger notre planète, c’est protéger nos droits | Allocutions à la cérémonie du Prix Droits et Libertés 2022

Ces allocutions rappelant que le fait de vivre dans un environnement sain est une condition indispensable pour la réalisation de l’ensemble des autres de nos droits, ont été prononcées par Philippe-André Tessier et Myrlande Pierre, respectivement président et vice-présidente du mandat Charte de la Commission, à l'ouverture de la cérémonie du Prix Droits et Libertés qui avait lieu à Montréal le 7 décembre 2022.

Philippe-André Tessier, président de la Commission

Bonsoir à vous. Je suis vraiment très heureux de vous accueillir au Gala du Prix Droits et Libertés 2022, ici à la Maison du développement durable, un lieu qui incarne à merveille le thème choisi pour cette édition : Notre Planète, Nos Droits. 

Nous avons choisi cette thématique, parce qu’il s’agit avant tout d’un des enjeux prioritaires auxquels nous devons toutes et tous faire face en tant que société. Un enjeu qui devrait mobiliser toute notre attention et nos efforts. Les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (le GIEC) sont très clairs : il y a urgence d’agir et on doit mettre les bouchées doubles pour limiter l’ampleur des changements climatiques et mettre en place des mesures d’adaptation pour atténuer leurs impacts sur notre planète et par extension sur les populations. 

Pour la Commission, cette édition est surtout une occasion de promouvoir un article moins connu de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Il s’agit de l’article 46.1, ajouté à la Charte en 2006, et qui reconnait le droit à toute personne de vivre dans un environnement sain et respectueux de la biodiversité.  

On parle souvent de l’environnement sous l’angle scientifique, économique ou social mais c’est un sujet rarement traité sous l'angle des droits. Or protéger notre planète, c’est protéger nos droits. La dégradation de l’environnement, la perte de la biodiversité et les changements climatiques ont des répercussions majeures sur la réalisation de l'ensemble de nos droits.  

Pensons par exemple aux personnes qui ont tout perdu et qui ont dû être relocalisées à la suite d’une inondation et mesurons ainsi l’impact sur leur droit au logement. Pensons aux personnes vulnérables à la chaleur accablante et à l’impact sur leur droit à la vie. Pensons aux personnes exposées à la pollution et à des sources de contamination et aux répercussions sur leur droit à la santé.   

Vivre dans un environnement sain est donc une condition indispensable pour la réalisation de l’ensemble des autres droits. L’ONU l’a récemment reconnu en déclarant que le droit à un environnement sain est un droit universel dans une résolution adoptée en juillet cette année. 

Pour reprendre les propos de Michelle Bachelet, la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, « lorsque l'action environnementale se fonde sur des obligations légales d'agir plutôt que sur une simple politique discrétionnaire, elle est plus efficace, légitime et durable ».  

À la Commission, nous avons peu de travaux qui se penchent sur la question de l’environnement. Une chose est sure, les nombreuses candidatures reçues sont une grande source d’inspiration et l’occasion de proposer des solutions vertes et durables. Nous espérons développer des partenariats et des collaborations dans un futur très prochain, tant au niveau du plaidoyer qu’au niveau de la recherche. 

Nous allons présenter sous peu les 3 initiatives finalistes à savoir le mouvement Mères au front, la reconnaissance des droits de la rivière Magpie et le projet Canopée et Biodiversité Saguenay. Juste avant, j’aimerai souligner la qualité de toutes les candidatures que nous avons reçues et qui nous viennent des quatre coins du Québec, de la Côte-Nord jusqu’à Montréal. 

J’aimerais à ce propos saluer entre autres la présence ce soir de Catherine Gauthier qui a notamment déposé la candidature de « l’action collective de la jeunesse québécoise pour la justice climatique » qui a été coordonné par l’organisme Environnement jeunesse. Et je voulais également souligner la présence de Josée Desmeules de la « Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM », un regroupement citoyen qui milite pour la préservation des espaces verts, de la santé et de la qualité de vie dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. 

Enfin, un petit mot pour remercier les membres du jury, Léa Ilardo, Paule Halley, Bruno Sioui et Samuel Rainville, un grand merci d’avoir embarqué dans l’aventure du Prix Droits et Libertés, ça a été un grand plaisir de travailler avec vous.

 

Myrlande Pierre, vice-présidente du mandat Charte de la Commission

Bonsoir à toutes et à tous. Très heureuse de pouvoir vous adresser ces quelques mots. Pour la Commission, il est primordial de parler de justice environnementale et climatique.

Il est certain que les changements climatiques aggravent les conditions de vie en général et la santé des individus à l'échelle mondiale mais l’impact est encore plus prononcé auprès des personnes marginalisées et de certaines franges de la population dont les femmes et les personnes autochtones.  

Quand une personne vit dans un quartier défavorisé avec peu d’espaces verts, il s’agit d’un enjeu de justice environnementale, dans le sens où cette personne ne bénéficie pas des bienfaits des espaces verts sur sa santé mentale et physique, sans parler du réchauffement climatique et des chaleurs extrêmes auxquelles elle est plus à risque d’être exposée. Il est important de s’assurer que toute personne a un accès égal aux espaces verts et à la nature, peu importe sa condition sociale ou son adresse, son âge ou sa couleur de peau, son origine ethnique ou nationale.  

J’aimerais également souligner l’importance de parler d’équité intergénérationnelle. Nous ne pouvons plus agir sans mesurer l’impact de nos actions sur la planète et les ressources naturelles que nous laissons aux prochaines générations. Nos actions aujourd’hui ont un impact direct sur le monde qu’on lègue à nos enfants. Les générations futures ont tout aussi le droit de vivre dans un environnement sain qui leur permette de vivre et de s’épanouir. Il est de notre devoir d’y veiller.  

Finalement, j’aimerai souligner l’engagement exemplaire des Québécoises et Québécois dans la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques, et plus particulièrement l’engagement des jeunes et des femmes.  

À l’international, nous avons toutes et tous entendu parler de Greta Thunberg qui a entraîné tout un mouvement de mobilisation sans précédent. Et au Québec, on a assisté un peu partout à de nombreuses mobilisations et marches pour le climat et pour la justice sociale. Nous avons aussi des grandes et grands défenseurs de l’environnement au Québec, je ne pourrais pas les nommer toutes et tous mais nous avons des Léa Ilardo, des Samuel Rainville, des Laure Waridel et des Anaïs-Barbeau Lavalette, des Shanice Mollen Picard, des Uapukun Mestokosho, des Pier-Olivier Boudreault et des Émilie Lapointe et d’autres encore que vous aurez la chance de rencontrer ce soir. 

Chers membres du jury, chers finalistes, votre engagement nous nourrit et nous pousse à prendre action. Merci pour tout ce que vous faites pour une planète plus verte, saine et durable, et pour une société plus juste et égalitaire.

Liens connexes :