Commémoration de la tuerie de la mosquée de Québec : transformer la douleur en engagement
La tragédie du 29 janvier 2017 est effroyable et restera dans notre mémoire collective. Ce soir-là, Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Khaled Belkacemi, Abdelkrim Hassane, Azzedine Soufiane et Aboubaker Thabti ont été arrachés à la vie, simplement parce qu’ils étaient musulmans. Souvenons-nous de leurs noms, souvenons-nous aussi que la haine tue.
Derrière chacun de ces noms, ce sont des familles qui ont perdu des conjoints, des pères des frères - des hommes engagés, aimants, qui occupaient une place centrale dans leur foyer et dans leur communauté. Les conséquences de la haine, de la peur de l’autre ne s’arrêtent pas aux victimes seulement. Elles s’inscrivent dans le quotidien des familles qui doivent continuer à vivre, à élever des enfants et à se reconstruire. Elles affectent plus largement des communautés et la société dans son ensemble.
C’est pourquoi il est essentiel d’être solidaires, le 29 janvier et chaque jour. La lutte contre l’islamophobie est une responsabilité collective. Se souvenir, ce n’est pas seulement regarder en arrière. C’est aussi choisir ce que nous voulons bâtir ensemble : une société qui rejette l’exclusion et défend l’égale dignité, la liberté de croyance et le vivre-ensemble.
Depuis quelques années, nous assistons à une montée inquiétante de discours haineux, notamment islamophobes, en personne comme en ligne. Les femmes, particulièrement celles qui portent le hijab, sont trop souvent la cible d’insultes, de stigmatisation, d’exclusion. On les réduit à un symbole, sans voir leurs compétences, leur richesse, leur humanité.
Or, le Québec de la Charte des droits et libertés de la personne est un Québec d’inclusion, d’égalité et de solidarité. C’est pourquoi la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse tient à réaffirmer aujourd’hui son engagement à défendre ces droits et ces valeurs. Nous demeurons pleinement engagés à combattre l’islamophobie, à protéger les droits fondamentaux, et à travailler avec les communautés pour bâtir un Québec où chacune et chacun a une place égale et peut vivre en sécurité et dans la dignité. Personne au Québec ne devrait craindre pour sa vie en raison de sa religion ou en entrant dans un lieu culte.
Nous ne pouvons pas laisser les préjugés guider nos actions ou alimenter notre imaginaire collectif. La haine, la discrimination et le racisme doivent être combattus vivement. Comme société diverse et inclusive, nous avons tout à gagner lorsque nous créons des ponts, lorsque nous multiplions les occasions de rencontre, lorsque nous choisissons de voir l’humain et acceptons et célébrons nos différences.
En cette journée de commémoration nous devons transformer notre douleur en engagement. Un engagement à lutter contre la haine et la discrimination. Un engagement à bâtir un Québec où l'égalité, le respect et la tolérance guident chacun de nos gestes et politiques et renforcent les liens qui nous unissent. Un engagement à bâtir un Québec où plus jamais des enfants n’auront à grandir sans l’un des leurs à cause de la haine.


