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6 février 2025Nouvelles

Faire face aux enjeux du numérique qui mettent à risque les droits des jeunes

Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes, la Commission des droits présente les enjeux du numérique posant des risques sérieux pour les droits des enfants. Elle aborde également certaines pistes de solution offertes par le cadre légal et les moyens de prévention qu'elle estime incontournables.

La place grandissante des réseaux sociaux dans la vie des jeunes fait naitre de nouveaux enjeux et d’importants défis en matière de protection des droits des enfants. C’est pourquoi la Commission des droits salue l’initiative de la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes. La consultation menée par la Commission spéciale offre l’opportunité de se pencher collectivement sur les priorités que la société québécoise souhaite se donner en la matière. La Commission des droits publie aujourd’hui les commentaires qu’elle a transmis dans le cadre de cette consultation. 

Offrir des garanties pour assurer la protection des jeunes dans l’environnement numérique 

Dans sa lettre, la Commission des droits souligne l'importance que la démarche de réflexion autour de l'encadrement législatif prenne en compte les droits des enfants et des droits de la personne dans leurs interactions avec l’environnement numérique. En effet, cet environnement présente des risques sérieux d’atteinte aux droits des enfants et peut faciliter la perpétration de violences à leur égard. Les violences en ligne représentent un risque important d’atteinte à plusieurs droits, dont le droit à la vie, à la sûreté et à l’intégrité des jeunes. À titre d’exemple, la cyberintimidation et le cyberharcèlement touchent particulièrement les jeunes filles, qui peuvent être davantage exposées à des pratiques de harcèlement sexuel en ligne ou encore à du sextage et de la sextorsion. 

De plus, les abus sexuels et l’exploitation sexuelle de jeunes filles mineures sont exacerbés par les outils numériques. À cet égard, les jeunes assujettis à la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) et hébergés en centre de réadaptation sont davantage vulnérables aux « dynamiques d’exploitation sexuelle », comme plusieurs personnes intervenantes s’en sont d’ailleurs inquiétées dans le cadre de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs.

Éduquer et outiller les jeunes et les adultes aux enjeux du numérique 

La Commission des droits aborde dans sa lettre certaines pistes de solution à travers le cadre des droits de l’enfant et des droits de la personne. Elle soumet certaines balises incontournables à la poursuite de la réflexion entourant la majorité numérique. Des moyens de prévention incontournables, comme l’éducation aux droits et la littératie numérique peuvent de plus outiller à la fois les jeunes et les adultes qui les entourent. Le renforcement de l’éducation aux droits en lien avec l’environnement numérique est l’un des moyens centraux à mettre de l’avant pour mieux garantir la protection des droits de l’enfant. Améliorer la connaissance des recours disponibles apparaît également comme un élément central. 

Dans la recherche de solutions, il importe plus largement d’adopter une approche équilibrée entre la protection des jeunes et la reconnaissance de leur capacité à développer leur jugement critique qui est essentiel dans un environnement numérique en constante évolution. Du point de vue de la Commission, cette démarche doit se faire dans le respect de leurs droits et de leur intérêt, et ce, à tous les stades de leur développement. Elle suivra donc avec beaucoup d’attention la suite des travaux de la Commission spéciale ainsi que les développements législatifs qui en découleront.

Lire la lettre de la Commission des droits